Le lecteur est… une lectrice

Si j’en crois les statistiques, l’homo litteratis est une femme ; en d’autres mots, les lecteurs sont des lectrices.

Vous allez me dire que l’on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres, pour peu qu’on les rudoie, les séduise, les manipule ou les achète. C’est vrai,  je peux avancer sans crainte que 100% des lecteurs de cet article ayant des seins, un vagin et un cerveau sont des femmes alors que 100% des hommes qui ne lisent pas cet articles font autre chose !

Mais, puisque nous sommes entre nous, je vais vous montrer, Mesdames, Mesdemoiselles, Monsieur, (oui, toi qui es tout seul, mais reste quand même), je vais vous montrer, disais-je, une petite photo de groupe. Une photo de vous :

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Bon, j’avoue, ce n’est pas la plus belles des images, mais c’est vous, mes lecteurs, ou devrais-je dire, mes lectrices. Ce sont les stats de ma page-auteur Facebook, celle-ci.
J’en conviens, ce n’est pas très scientifique, j’extrapole quelque peu en supposant que les fans de cette page sont les lect(eurs)rices de mes livres.

Donc vous, mes lecteurs, vous êtes surtout des femmes, la petite quarantaine (à plus ou moins dix ans près), vous êtes belles, vives, intelligentes et vous avez bon goût ! Et oui, croyez-en mes longues études scientifiques, je peux (presque) voir tout ça dans ce diagramme.
Ceci étant dit, parlez-moi de vous, y a que ça qui nous intéresse !

Rien que pour vous, un extrait de mon nouveau livre

Premier article de l’année, j’en profite pour vous souhaiter à tou(te)s une excellente année 2016 pleine de beaux projets, de milliers d’heures de lecture et d’écriture.

Comme vous le savez déjà, mon premier roman sort le 4 janvier, soit dans deux jours.

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Pour fêter cela et vous remercier de votre fidélité, voici pour vous, lectrices et lecteurs de ce blog, un extrait exclusif :

    Émilie a insisté pour que nous allions à la fête des voisins. Elle a de ces idées, parfois ! Je consens à y faire acte de présence uniquement pour lui faire plaisir. Il faut savoir faire des sacrifices et je suis pour la paix des ménages, surtout le mien ! Je ne sais pas pourquoi elle y tient tant. Elle pense peut-être devoir se présenter au groupe pour pouvoir intégrer la joyeuse bande des propriétaires névrosés. On voit vraiment qu’elle ne les connaît pas ; ils sont tous plus sinistres les uns que les autres. Franchement, je ne comprends pas pourquoi on a inventé une fête pareille. Pour recréer du lien social, pour retrouver un esprit de village dans nos grandes villes déshumanisées, me dit Émilie. Depuis Le – très fascisant – Corbusier et sa maison du fada à Marseille, plus personne ne peut croire en de telles balivernes. S’ils avaient eu un tant soit peu d’honneur, les architectes qui les ont commises se seraient pendus avec leurs belles utopies, en voyant ce que leurs grandes cités idéales sont devenues. Fallait-il qu’ils soient cyniques ou fous – ou bien les deux – pour imaginer des gens vivre heureux dans des habitations construites dans un matériau dont on avait fait, quelques années auparavant, le mur de l’Atlantique et la dernière résidence secondaire du petit moustachu allemand. Sincèrement, si le lien social s’est délité, si on ne se fréquente plus entre voisins – dans nos villes de grande solitude, comme le dit le chanteur – il doit bien y avoir une raison, non ? Une raison simple, explicite, compréhensible par le premier des enfants. Une raison qui tiendrait en quelques mots : le voisin est un gros con ! Seule Émilie fait étonnamment exception à cette règle immuable et c’est pour cela que nous vivons ensemble. Et puis l’esprit de village, je le connais. J’ai grandi à la campagne où chacun médit, où tout le monde se mêle des affaires de tout le monde, où les histoires de coucherie de la mère Michel avec le père Lustucru, qui a lutiné son chat, se répandent comme des effluves de lisier en rumeurs nauséabondes, plus sûrement que l’indigence intellectuelle sur les programmes télévisuels, plus rapidement que la photo d’une quelconque Miss France nue sur les réseaux sociaux.

Dites-moi en commentaire ce que vous en pensez.
Et encore tous mes vœux de bonheur!

Une nuance de folie :

17 nuances de folieSortie ce lundi 19 octobre de 17 nuances de folie, le nouveau recueil collectif des éditions Hélène Jacob. Ce recueil regroupe 17 nouvelles écrites par les meilleures plumes des EHJ, toutes sur le thème de la folie !

Votre serviteur s’est prêté au jeu. J’ai revisité pour vous le mythe antique de l’Amour et de la Folie, thème déjà traité par Érasme, Louise Labé ou La Fontaine, excusez du peu !

Pour vous, et juste pour vous, voici le tout début de ma nouvelle :

N’hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous en pensez.

J’entends dire, de ça de là : le monde est fou, le monde est fou. Ah, Elle a bon dos, la Folie ! Qu’est-ce que je vous ai encore fait pour que vous m’invoquiez pour un oui, pour un non ? Déjà, je vous saurai gré, misérables cloportes inutiles d’humains que vous êtes, je vous saurai gré de dire : c’est un monde de fous. Le monde est, c’est tout ; les choses sont parce qu’elles doivent être. De vous à moi, de nous trois, c’est bien le seul à ne pas être fou. Retirez l’Homme avec un grand H, l’être humain mâle avec son misérable vermisseau entre les jambes qui lui donne l’illusion de sa force et l’être humain femelle, sans le vermisseau, mais avec des seins, un utérus et des neurones, retirez l’Homme, dis-je, de la planète. Vous y êtes, vous imaginez la scène ? La nature, les plantes, les animaux. Vous la voyez où la Folie ? Où me voyez-vous ? Plus fort, je ne vous entends pas ! Où ? Je vais vous le dire : nulle part ! Je n’existe que parce que vous existez. Je suis arrivée avec vous, avant même la Raison, que vous m’opposez à tort. Avant même ce que vous nommez Intelligence, concept fumeux, qui, de vous à moi, ne sert qu’à vous rassurer. Je suis aussi vieille que l’humanité. Alors, par pitié, cessez de me les briser menu et de m’invoquer pour tous vos maux. D’ailleurs, je n’ai pas que ça à faire, je dois emmener le petit faire sa promenade.

— Allez, viens, petit con !

Sortie le 19 octobre de 17 nuances de folie :

Voici  en avant-première la couverture du recueil 2015 des auteurs des Éditions Hélène Jacob, nommé « 17 nuances de folie », auquel participe votre serviteur.

Ma nouvelle s’appelle l’Amour et la Folie et revisite les mythes grecs.

Sortie le 19 octobre.

Allez, encore un bon mois à attendre !

17 nuances de folie

Recueil collectif 2015 des auteurs des éditions Hélène Jacob

Grande nouvelle : publication de mon premier roman en janvier 2016

Comme vous l’avez peut-être remarqué, ce blog est en sommeil depuis le mois de janvier. C’est que, comme tous les hommes, avec un petit h, je suis monotâche. J’ai passé ces derniers mois à terminer l’écriture de mon premier roman qui sortira en janvier, toujours aux éditions Hélène Jacob.

Pour les plus impatients, vous pourrez lire une de mes nouvelles dans un recueil collectif  qui sortira courant novembre chez le même éditeur.

Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de tout cela.

Je vous souhaite une belle rentrée, qu’elle soit scolaire ou littéraire, à tou(te)s.

Le festival de BD d’Angoulême rend hommage à Charlie Hebdo :

« Être ou ne pas être Charlie, telle est la question ! En fait, on s’en branle : les slogans n’ont pas de sens. […] Forcément, tuer des dessinateurs, ça ne se fait pas. Mais il y a tellement de choses qui ne se font pas. Comme mettre des cages de zoo sur les bancs publics pour empêcher les SDF de s’asseoir. Être Charlie, c’est dire que le maire d’Angoulême est un con. »

Jean-Christophe Menu, auteur et éditeur, venu au nom de Charlie Hebdo récupérer le « Trophée de la liberté de la presse ».

Tout ceci m’a inspiré ce petit dessin :

angouleme BD

REQUIESCANT IN PACE

Je n’ai pas publié grand chose ces derniers temps, comme tétanisé par la vague d’attentats de ce début janvier.

La quarantaine bien sonnée, mon enfance et mon adolescence ont été bercées par les dessins de Cabu, de Wolinsky, les coups de gueule de Choron, de Cavanna…

Cela faisait bien longtemps que je ne lisais plus Charlie Hebdo, mais à en croire les chiffres des tirages, je n’étais pas le seul.

J’ai, comme beaucoup, mis un Je Suis Charlie sur mon profil facebook, mais je n’ai pas pu écrire.

Pour rendre hommage aux dessinateurs de presse, j’ai posté pendant une semaine, des petites caricatures que j’ai griffonnées de mes doigts engourdis de chagrin.

Les voici :

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Hollande

 

 

 

 

 

 

barack  canal

 

 

 

 

 

 

zemmour pape

 

 

 

 

 

 

 

sego  chasseurs

 

 

 

 

 

 

 

Dans un prochain article, je vous expliquerai pourquoi, aujourd’hui encore, Je Suis Charlie. Je vous parlerai aussi des autres victimes, toutes les victimes, il n’y a pas de hiérarchie dans l’effroi.

 

 

 

Auto-éditionnez-vous ou pas :

Avant d’être édité aux Éditions Hélène Jacob, j’ai parcouru le net de site en site, glanant, de çà de là, des informations sur l’auto-édition. J’en ai retenu une ou deux choses :

La première est que l’auto-édition est, bien souvent, un choix pertinent pour publier un premier ouvrage.

La deuxième est qu’il ne faut pas se tourner vers ce modèle en croyant que l’auto-édition est synonyme de totale gratuité. Si vous êtes votre propre éditeur, vous devrez payer tout ce que vous n’êtes pas en mesure de réaliser, vous-même, de façon professionnelle.

Même si vous avez un niveau très élevé en français, vous devrez, a minima, investir dans un ou des logiciels de correction. Il est tout de même préférable de se tourner vers un correcteur pro, qui fera également la mise en forme typographique de votre texte. Car à moins d’être soi-même un pro de l’espace insécable, cela est absolument obligatoire pour que votre livre ne semble pas bricolé par un amateur plein de bonne volonté.

Il en est de même, bien sûr, pour la couverture, la mise en forme aux formats numériques (epub, kindle, etc.)

Si vous cherchez une mine d’or sur l’auto-édition, consultez d’urgence le blog des cofondateurs des Éditions Hélène Jacob, le duo d’auteurs M.I.A :

Le blog Mia

Et vous, quels conseils pouvez-vous nous donner sur votre expérience d’auto-édité(e) ?

Sonnez hautbois, résonnez musettes ! Le lien pour s’inscrire à ma Newsletter est arrivé !

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Je m’engage à ne pas communiquer votre adresse mail à quiconque et vous pourrez, bien sûr, vous désinscrire à tout moment, quitte à me briser le coeur😉

 

Si tu l’aimes, prends garde à toi !

Tout comme le personnage du Journal d’un proctologue et sa fille Léa, j’ai comme progéniture deux adolescentes.

Alors cet article est une lettre ouverte à leurs jeunes prétendants, tous ceux qui auraient idée de voler leur cœur et de s’occuper d’un peu trop près de leur corps.

Afin d’être bien clair, je vais utiliser des tirets, et pis non, des flèches, un peu comme pour les articles du règlement intérieur de ton établissement scolaire que tu n’as sans doute pas lu.

→ Tu ne t’approches pas à moins d’un mètre d’elle sans son autorisation, c’est elle qui choisit si tu es digne d’elle, c’est clair ?

→ Fais gaffe à garder tout ce qui dépasserait dans d’un certain périmètre. Tu gardes ta langue dans ta bouche, tes mains dans tes poches, et ton misérable vermisseau dans ton slip sale. Seulement si elle t’y invite, tu peux éventuellement pratiquer le détartrage bucco-dentaire tant usité chez les jeunes gens à l’âge des premières amours. Ceci dit, vu ta face de crapaud, c’est pas gagné, tu peux remballer ta langue.

→ Si par un bel après-midi de mai, tu t’aventures dans l’une d’entre elles, je t’arrache les testicouilles avec les dents. Les tiennes de dents !

→ Ne joue pas au con avec moi, j’ai été jeune et con avant toi. Maintenant que je suis un vieux con, j’ai plus d’expérience que toi en la matière.

→ Je suis Dieu. Je vois tout, je sais tout. Je suis un Dieu vengeur, pas un Dieu d’amour pour toi, t’as une maman pour ça. Si tu as le malheur de lui faire du mal, de te conduire comme un salaud, de la tromper avec la première pétasse venue, de lui manquer de respect, je te sodomise avec ta propre zigounette. C’est clair ?

→ Bref, tu peux sortir avec une de mes filles, mais t’as intérêt à être un mec bien, à la rendre heureuse, à l’aimer autant qu’elle t’aime, sinon, prends garde à toi !

Bon, je crois que c’est clair.

Utiliser ennuyant à la place d’ennuyeux, c’est ennuyant !

Je vais encore passer pour un vieux con psycho-rigide, mais ça m’écorche les synapses chaque fois que j’entends ou que je lis ennuyant en lieu et place d’ennuyeux.

À vrai dire, embourbé dans le carcan par trop rigide de mes certitudes étriquées, j’ai longtemps cru que le terme ennuyant n’existait que dans le vocabulaire sclérosé de quelques jeunes gens plus habitués à se griller les neurones devant NRJ12 qu’à compulser le Littré.

Il convient de faire mon mea culpa, le mot ennuyant existe bel et bien et signifie qui cause un ennui, un problème.

Un pneu qui éclate, c’est quelque peu ennuyant !

Par contre, jeunes gens, quand le professeur de français s’ingénie à tenter de vous sortir de la fange de votre inculture crasse et par là même vous fait suer au-delà de l’imaginable, il est ENNUYEUX peut-être, mais jamais ENNUYANT.

Tenez-vous le pour dit !

Un XIXe siècle fantastique !

Comme certains d’entre vous le savent, je suis enseignant à domicile, spécialisé dans les troubles des apprentissages. Je vous parlerai de mon métier en général et de la dyslexie en particulier dans un prochain article.
Il m’arrive souvent d’apprendre à mes élèves à satisfaire aux exigences et contraintes d’un exercice particulièrement difficile pour eux : la rédaction.

J’ai pris pour habitude de traiter le même sujet qu’eux, histoire de voir ce que j’en ferais.

Je vous livre cette courte histoire, répondant à un sujet de 4e : Faîtes un texte à la manière d’une nouvelle fantastique du XIXe siècle.

Je suis maintenant un vieil homme. Après toutes ces années, je me dois de vous raconter ce qui s’est passé il y a maintenant fort longtemps.

J’étais alors un tout jeune représentant de commerce. Je vivais sans attache, allant de ville en ville, de chambre d’hôtel en chambre d’hôtel. Ce soir-là, je me présentai comme à l’habitude à la réception. Une jeune femme, devant moi, prenait sa clé. C’était une grande femme brune, élégante, la trentaine. Elle portait un tailleur strict qui dessinait impeccablement sa silhouette. La réceptionniste, en lui souriant, lui tendit la clé de la chambre N°15.

Vint mon tour, je m’acquittai rapidement des formalités et me retirai dans ma propre chambre. C’était une chambre banale, triste et froide, que les motifs provençaux par trop criards du couvre lit et des rideaux n’arrivaient pas à égayer. Je m’allongeai sur le lit, las d’une journée morne.

***

Comme tout bon VRP, j’avais réservé mon repas en même temps que ma chambre. À l’heure du dîner, je me rendis au restaurant de l’hôtel. Dans cette grande salle sans âme, un couple de quinquagénaires dînait sans se parler. Dans le fond, un confrère avalait un sandwich en compulsant ses catalogues. Dans un coin de la pièce, mon regard fut attiré par un personnage bien singulier. C’était un homme sans âge, très grand et très mince, le teint maladif. Comme je ne pouvais détacher mon regard de lui, il se leva et s’invita à ma table.

— Permettez, fit-il, que je m’asseye, partageons pour un soir nos solitudes.

Je n’osai refuser.

Tout chez lui me mettait mal à l’aise. Ce n’était pas qu’il fût laid, bien au contraire, il avait un regard sombre qui vous envoûtait. Il ne ressemblait en rien à la clientèle de ce type d’établissement.

Il s’enquit :

— Vous êtes représentant, n’est-ce pas ?

Je répondis par l’affirmative et osai :

— Et vous-même ?

Une lueur traversa son regard, il me fit un grand sourire que je ne compris pas.

— En quelque sorte, dit-il

— Ah, et dans quel domaine ?

— Disons que je n’ai rien à vendre.

J’étais interloqué, c’était là une bien étrange façon de s’exprimer.

Une serveuse arriva.

— Vous avez fait votre choix ?

— Le plat du jour et un quart de rouge, s’il vous plait, répondis-je machinalement

— Pareil pour moi, ajouta mon curieux invité.

À peine la serveuse avait-elle tourné les talons qu’il demanda brusquement :

— Êtes-vous joueur ?

— Vous ne pouvez mieux tomber, j’adore ça.

— Vous ne devriez pas ! tança-t-il.

Je restai coi, il reprit :

— Vous savez, avec moi, vous ne pouvez gagner.

— Vous êtes si chanceux que cela ? soufflai-je.

— La chance n’a rien à voir là-dedans ; tenez, sortons une pièce et jouons à pile ou face.

— Très bien, acquiesçai-je, intrigué.

— Pile, je repars accompagné, face, je m’en vais seul.

Je ne comprenais pas les enjeux de ce pari mais n’y voyais aucune malice. Il lança la pièce, elle voleta un instant, il la rattrapa d’un geste brusque et la plaqua sur le dos de sa main gauche.

— Pile ! s’écria-il, avec un large sourire. Je dois vous laisser, mais n’ayez crainte, nous nous reverrons, mais pas de sitôt.

Il se leva et quitta précipitamment la salle. Je restai pantois, ne sachant que penser.

***

Le lendemain matin, je me rendis à la réception pour régler ma note. Un jeune réceptionniste faisait régler le couple que j’avais vu la veille au restaurant. J’entendis la femme dire à son mari :

— Tu te rends compte, Roger, une si jeune femme, comment cela a-t-il pu arriver ?

Je m’immisçai dans la conversation.

— Que s’est-il passé ?

— Vous ne savez pas ? répondit le réceptionniste, la jeune femme de la chambre N°15, elle est morte, cette nuit dans son sommeil…

En rendant ma clé, je l’interrogeai sur mon bien étrange convive de la veille. Il m’assura que j’avais dîné seul, d’ailleurs ce soir-là, n’avaient été servis que quatre couverts, ceux du couple, celui de l’autre VRP, et le mien.

Depuis, je me demande quand je vais revoir cette étrange apparition, et à l’aube de mes quatre-vingt-dix ans, je pense que cela ne saurait tarder.

 

J’attends vos avis (surtout ceux de mes collègues professeurs de français, n’est-ce pas Emmanuelle !), vos retours…

Quelques mots inusités :

Ce n’est un secret pour personne, j’ai une passion pour les mots. Même à mon âge avancé, j’en apprends régulièrement. D’ailleurs, mes élèves adorent me faire découvrir des mots nouveaux.

Je me souviens, il y a maintenant pas mal de temps, d’un élève me sortant le verbe warranter qu’il avait trouvé dans le glossaire de son Bescherelle. Ce verbe, dérivé du nom warrant fait partie du vocabulaire du commerce. Pas étonnant que je ne le connusse pas !

Depuis, je les note, avec leur définition, pour ne pas les oublier.

Je vous en livre quelques-uns :

impavide : Qui ne manifeste aucune crainte, aucune peur : Un air impavide.

irréfragable : Qu’on ne peut récuser : Un témoignage irréfragable.

acédie : État spirituel de mélancolie dû à l’indifférence, au découragement ou au dégoût.

L’acédie, c’est la paresse spirituelle, ce qui est marrant, c’est que l’adjectif dérivé est acédique. Cela me rappelle quelque chose !

warranter : Donner en garantie au moyen d’un warrant (Billet à ordre qui permet de constituer un gage sur les marchandises qu’il représente).

Qu’il est laid, ce mot !

éphélide : Petite tache cutanée pigmentée.

Une éphélide, c’est une tache de rousseur, n’est-ce pas mignon ?

faconde : Grande facilité de parole ou bavardage abondant, excessif : Une faconde intarissable.

Et vous, quels sont les mots que vous avez découverts récemment ? Quels sont les mots inusités que vous aimez utiliser ? Dites-le nous en commentaire !

Le chocolat :

Ah, manger du chocolat ! Oui, du chocolat et non un chocolat. Un chocolat, c’est bien trop souvent cette confiserie trop sucrée, vendue en grande boîte par trop colorée au moment des fêtes de Noël. Mais manger du chocolat ! du chocolat noir, fort, âpre même. Déguster du chocolat comme un grand cru de café, comme un verre de Bordeaux classé, comme on goûte l’harmonie tranquille d’un dernier instant de quiétude.
Manger du chocolat et, soi-même, se fondre dans la promesse sucrée d’un instant d’éternité, se retrouver enfin et croire en les étoiles !

Il y a quelque temps, j’avais rédigé ce court texte à la demande d’une de mes consœurs, Chris Simon, dont je vous conseille le blog, ainsi que la lecture de sa série : Lacan et la boite de mouchoirs.

Retrouvez-la ici

Et vous, le chocolat, vous l’aimez comment ? Dite-le nous en commentaire !

 

Marque-page offert :

Pour fêter la sortie du recueil de nouvelles « 21 nuances de voisinage » aux éditions Hélène Jacob, téléchargez et imprimez ici gratuitement votre marque-page reprenant la superbe couverture du livre :

TÉLÉCHARGER

Pour découvrir le recueil, allez jeter un œil sur le site de la maison d’édition :

Les éditions Hélène Jacob

Découvrez le Journal d’un misanthrope :

21 nuancesVous avez aimé le Journal d’un proctologue ? Découvrez mon Journal d’un misanthrope, l’une des 21 histoires du tout nouveau recueil de nouvelles des éditions Hélène Jacob : 21 nuances de voisinage !

Entre fuites d’eau et épanchements lacrymaux, cynisme feint et tendresse inavouée, comment un écrivain aussi aigri que fauché cohabite, bon gré mal gré, avec ses voisins.

Retrouvez également les nouvelles des meilleures plumes des EHJ :

Audrey et Natacha AJASSE, Charles DEMASSIEUX, RoseLys DESDUNES, Dominique LEBEL, Ariane FUSAIN, Jean-Claude THIBAULT, Marie-Noëlle GARRIC, Marjorie LOUP, Mélissa RESTOUS, Nathalie DESORMEAUX, Valérie HERVY, M.I.A, Manou FUENTES, Kathy DORL, Yannick BILLAUT, Marie-Pierre BARDOU, Mélanie WENCY, Olivier LEROUGE, Emmanuelle SOULARD, Madeline DESMURS.

Alors si vous avez aimé Rémoras, L’Homme qui voulait rester dans son coin, Fifty-fifty, Le dragon de ténèbres et tous les écrits de ces merveilleux auteurs, foncez ! C’est par ici :

Sortie nationale aujourd’hui !

à découvrir ici

En rire de peur d’être obligé d’en pleurer :

Étienne Delbœuf rentre chez lui. C’est l’hiver, il fait nuit, il fait froid. Il allume l’infâme néon qui surplombe la table en formica blanc de la cuisine et remet le chauffage.
Étienne travaille dans une usine de découpe de volailles, chez le numéro un du poulet. Il est ultra spécialisé, il est affecté à la découpe des filets droits. Pendant des heures, d’un geste rapide et sûr, il ôte de chaque gallinacé le filet droit. Attention, pas le gauche, le droit, rien que le droit !
Vingt heures passées, il se plante devant son réfrigérateur, ouvre la porte. À l’intérieur, entre deux endives et un yaourt nature périmé, il se saisit d’une boîte de sardines à l’huile. Il attrape son assiette sale dans l’évier, la rince rapidement, s’assied à sa table.
La dernière sardine finie, il se lève et prend dans le frigo une bouteille d’eau gazeuse aux trois-quarts vide. Il boit à grands traits, debout, à même la bouteille, planté devant le frigo. L’eau, plus plate que vive, épand en sa bouche des relents saumâtre de sel iodé.
Après avoir posé la bouteille vide sur la table, ce cher Delboeuf se rend d’un pas lent et calme vers les toilettes. Du dessous d’une pile de quotidiens régionaux, il extirpe un vieux magazine masculin dont la couverture trahit les années. Frénétiquement, il sacrifie à son rituel masturbatoire, les yeux fixés sur la Pin Up délavée de la page centrale.
Le sang lui bat aux tempes. Bientôt, dans un spasme orgasmique, il pousse un râle rauque et libérateur tandis qu’il s’épand en giclées tièdes et gluantes au creux d’un papier tristement hygiénique.
Alors, alors, dans un souffle, lâche-t-il : « décidément, le caviar, le champagne, les femmes, dans la vie, y’ a que ça de vrai ! »

Première consultation :

Dans le cabinet du Docteur H…, à Aix en Provence.

Bonjour Docteur, je viens à propos de Chloé car je m’inquiète à son sujet.
— Expliquez-moi ça.
— Ben, voilà, elle est en quatrième et l’autre soir dans la voiture, elle m’a avoué avoir adoré le Cid de Corneille. Vous vous rendez compte, c’est la seule de sa classe !
— Vous me rappelez son âge ?
— Elle n’a que treize ans, c’est ça qui m’inquiète.
— C’est sûr que c’est jeune pour ce genre de symptôme, et vous aviez vu des signes auparavant ?
— J’ai commencé à m’inquiéter quand elle m’a dit, il y a un mois, qu’elle avait bien aimé les Misérables.
— La comédie musicale ou le film ?
— Le livre, Docteur, le livre ! Mais je m’étais dit que cela passerait. Ça vient d’où tout ça ?
— C’est héréditaire… Mais ne vous inquiétez pas, vous n’y êtes pour rien, cela vient de sa mère. Le gène de la lecture est un gène récessif transmis que par les femmes.
— Et qu’est qu’on peut faire ?
— Je peux commencer par lui prescrire du Musso 25 mg, un par semaine pour commencer… Et si elle ne répond pas au traitement, on envisagera un remède plus efficace, en une seule prise : du Houellebecq 250.
— Vous pensez qu’on peut la guérir ?
— Le problème du Houellebecq, c’est que c’est un traitement extrêmement agressif, la plupart du temps, il suffit à vous écœurer à vie de la lecture mais dans de rares cas, il peut aussi pousser le malade à se tourner vers les classiques. Mais ne vous inquiétez pas trop, les patients réagissent plutôt bien au Musso 25 ou au Levy 50.
— Une autre chose Docteur, je m’inquiète, elle n’a toujours pas commencé à fumer…

15 bonnes raisons de lire le Journal d’un proctologue :

15 bonnes raisons de lire le Journal d’un proctologue :

1. Parce que vous ne savez pas ce qu’est un proctologue et que ce titre vous intrigue.
2. Parce que vous savez ce qu’est un proctologue et que ce titre vous intrigue.
3. Parce que vous vous demandez comment on peut avoir l’idée de faire un métier pareil.
4. Parce que vous pensez avoir un métier de merde.
5. Parce que vous venez de finir un livre intitulé Journal d’un gynécologue.
6. Parce que vous collectionnez les flacons de Canard WC vides en hommage à Marcel Duchamp.
7. Parce que vous avez une ex-femme, enfin presque.
8. Parce que vous avez une salle de bains et du gel douche.
9. Parce que vous avez 50 ans et qu’il est temps de vous préoccuper de votre prostate.
10. Parce que vous êtes une femme et que les problèmes de prostate, vous vous en foutez.
11. Parce que vous aimez les chevaux.
12. Parce que vous aimez rire de tout, mais pas avec tout le monde.
13. Parce que vous voulez rire.
14. Parce que vous voulez pleurer.
15. Parce que c’est moi qui l’ai écrit, c’est dire si c’est vachement bien !

Pour en savoir plus sur ce livre édité aux éditions Hélène Jacob

Story telling de vie :

Mon éditeur me dit que je dois faire du story telling, parler de moi, paraît que ça intéresse les lecteurs.
Bon, je ne suis pas sûr que vous mourriez d’envie d’en connaître plus sur ma vie de vieille chose bourrue.
Pour les quatre que cela intéresse, voici un questionnaire de Proust auquel il m’a été donné de répondre, il y a quelque temps :

Le principal trait de mon caractère ?

Soupe au lait, avec des oignons et des croûtons

La qualité que je désire chez un homme ?

Sa femme

La qualité que je préfère chez une femme ?

Son intelligence

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?

Leur cécité

Mon principal défaut ?

Bordélique

Mon occupation préférée ?

Penser sous la douche

Mon rêve de bonheur ?

Être beau et con à la fois

Quel serait mon plus grand malheur ?

Lire l’œuvre complète de Marguerite Duras

Ce que je voudrais être ?

Un homme bien, au moins deux minutes

Le pays où je désirerais vivre ?

Groland

La couleur que je préfère ?

Le bordeaux classé

La fleur que j’aime ?

Le colchique

L’ oiseau que je préfère?

Le poulet rôti

Mes auteurs favoris en prose ?

Émile Zola et Pierre Larousse

Mes poètes préférés ?

Serge Gainsbourg et Boris Vian

Mes héros favoris dans la fiction ?

Grégory House

Mes héroïnes favorites dans la fiction ?

Clarisse Starling

Mes compositeurs préférés ?

Mozart et Gainsbourg

Mes peintres favoris ?

Francis Bacon et Modigliani

Mes héros dans la vie réelle ?

Chloé-Pomme et Clélia-Chat

Mes héroïnes dans l’Histoire ?

Lucy

Ce que je déteste par-dessus tout ?

Le verbe « croiver »

Personnages historiques que je méprise le plus ?

Pierre Cauchon

Le fait militaire que j’estime le plus ?

La désertion

Le don de la nature que je voudrais avoir ?

Chanter juste, pour cesser de déclencher des tsunamis à chaque fois que je l’ouvre

Comment j’aimerais mourir ?

Avant les miens

État présent de mon esprit ?

Amusé

Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence ?

Les fautes de goût

Ma devise ?

Un enfant qui lit sera un adulte qui pense.

 

Et vous, parlez-moi de vous !

Un 37e commentaire pour le Journal d’un proctologue :

Bonjour à tous,

Un 37e commentaire pour le Journal d’un proctologue, le 23e commentaire 5 étoiles qui fait grimper la moyenne à 4.4/5.

Que son auteure soit vivement remerciée !

à voir ici

Le commentaire est tellement gentil qu’on pourrait croire que je connais personnellement son auteure. Eh, ben, non, je ne connais pas cette lectrice qui semble avoir su capter tout ce que j’ai essayé de faire passer dans ce livre.

Et pour rebondir sur son commentaire, en effet, je ne suis pas médecin. D’ailleurs je ne suis jamais allé voir de proctologue de ma vie (et j’espère pouvoir m’en passer encore un moment !)

Des logiciels gratuits (et légaux) pour lire, écrire, créer :

ÉCRIRE :

Pour écrire, tout le monde connaît Word de la célèbre suite Office de Microsoft. On ne présente plus ce logiciel pas franchement donné même s’il existe une version famille et étudiant monoposte moins chère.
Une bonne alternative libre et gratuite est Libreoffice, dérivée d’Openoffice. Le traitement de texte de cette suite a l’avantage de permettre l’enregistrement de vos textes aux formats de Microsoft .doc et .docx ou leur exportation au format pdf.
De plus, la suite existe en version portable, c’est-à-dire sans installation : ici

Vous pouvez utiliser gratuitement Office de Microsoft en ligne qui suffit pour dépanner, pour ouvrir un document avec une mise en page particulière que ne gérerait pas Libreoffice par exemple.
C’est ici

Si vous n’avez pas l’usage d’une suite entière avec son tableur, son logiciel de présentation, ou si votre machine est ancienne, il existe un petit traitement de texte tout léger : Abiword. Il ne remplace pas Word mais suffit amplement pour les tâches courantes de traitement de texte et permet de lire et d’enregistrer les documents au format .doc.
Ce logiciel existe aussi en version portable ici

CORRIGER :

Les suites bureautiques intègrent des correcteurs orthographiques. S’ils sont bons pour corriger les fautes de frappe, les subtilités de la grammaire française leur échappent le plus souvent.
Il n’existe pas à ma connaissance de logiciels de correction gratuits. Citons le leader en ce domaine : Antidote.
Antidote a un challenger : Prolexis. Il existe une version allégée de Prolexis : Le Robert Correcteur.
C’est là que c’est intéressant pour un écrivain fauché (pléonasme, s’il en est), car l’éditeur met à disposition une version d’essai gratuite de ce logiciel utilisable 30 jours.
C’est ici

LIRE :

On peut télécharger sur le Net des tas d’ebooks, principalement aux formats pdf et epub (gratuitement et légalement, par ex ici

Pour lire les pdf, on ne présente plus le logiciel d’Adobe, on peut lui préférer pour des machines peu puissantes un logiciel bien plus léger : pdfxchange

Pour lire les fichiers au format epub, gérer sa bibliothèque d’ebooks, convertir les pdf en epub, le logiciel préféré des internautes est Calibre

TRAITER DES PHOTOS, FAIRE UNE COUVERTURE :

Il y a bien sûr Photoshop, le leader du marché qu’on ne présente plus. Logiciel pro, le tarif est en conséquence. Il existe des alternatives gratuites qui suffisent dans bien des cas :

Les linuxiens le connaissent bien et le plébiscitent, c’est l’alternative libre et gratuite au logiciel d’Adobe : The Gimp : (disponible aussi pour Mac et Windows)

Il existe deux excellents logiciels de retouche gratuits, assez proches dans leur présentation de Photoshop. Tous deux gèrent les calques :

Photofiltre 7 :

Paint.net :

Vous pouvez trouver ICI un logiciel de retouche photo en ligne gratuit qui ne déroutera pas les utilisateurs Photoshop (sans bien sûr l’égaler, mais ce n’est pas le même prix !) :

Bonne lecture, bonne création à tous !

Et vous, quels sont vos logiciels fétiches pour créer ?

NOTA BENE :

Tous les logiciels cités ici existent pour de multiples plateformes (Windows, Mac, Linux). Ils sont donnés à titre d’exemples. Je ne partage ici que mon expérience et mon usage qui n’ont aucune portée universelle. Les liens donnés renvoient la plupart du temps vers le site des éditeurs ou vers des sources réputées sûres du net (par ex Cnet France, Clubic). Je n’en tire aucun intérêt financier et ne saurait être tenu pour responsable de toute infection virale, toute perte de données ou autre bordel sur votre PC suite à un téléchargement. Si vous avez des doutes, ne faites rien !
Pour ce qui est de télécharger des versions crackées d’Office ou d’Antidote ou Photoshop, ne comptez pas sur moi non plus.

Un livre à découvrir, le témoignage de Jean Luc le Creurer :

Je voulais vous faire découvrir le témoignage d’un homme dont la vie a basculé à cause d’une méningite.

Voici ce qu’écrit l’auteur :

« Atteint par une méningite qui a failli me tuer j’ai survécu avec de terribles séquelles : aveugle, sourd, handicapé. Je raconte dans mon témoignage tout ce qui s’est passé durant 7 ans et demi de galère, de rééducation en centre de handicapés, de tentatives de suicide en petit bonheur, de tristesse en illusions, de mélancolie en espoir pour terminer par une réalité certaine. J’ai tout perdu avec ce microbe, travail, maison, femme, enfant et joie de vivre, mais maintenant je suis sorti de tout cela et veux vivre une autre vie. »

Une belle leçon de vie !

Pour plus de renseignements

 

Nouvel Ebook offert : Les Amours Délicates

Je mets à votre disposition, au format pdf, un ancien recueil de poèmes intitulé : Les Amours Délicates.

Ces textes ont été écrits dans les années 97-98. Et oui, au siècle dernier !

Comme toujours, vous pouvez le lire en ligne et/ou le télécharger (gratuitement, bien sûr)

ICI

Et pour vous donner envie, voici le poème éponyme :

 

LES AMOURS DELICATES

Avant que notre Amour ne pâlisse
Qu’il ne passe du Bleu-Matisse
A l’agate

Avant qu’il ne s’aigue-marine
Qu’il ne vire du rouge-sanguine
Au rose anécarlate

Avant qu’elles ne se brisent
Buvons les minutes délicates
D’un Amour qui s’irise

Avant qu’elles ne s’effacent
Buvons les minutes qu’autorisent
Un Amour qui se lasse.

 

Bonne découverte à tous. J’attends vos commentaires !

 

Dans la série, on révise son bac français, les figures de style :

Il y a quelques temps, j’ai intitulé un article : courants littéraires, c’est simple comme « anacoluthe ».
Alors c’est quoi, une anacoluthe ? C’est simple, c’est une figure de style.
« Et à qu’est-ce que c’est que ça sert ?
— Pour toi, à rien Franck, tu peux retourner à Munich jouer avec ta balle. »
Ceci dit, la question est bonne, à quoi servent les figures de style ? Si vous pensez que cela sert à se la péter en soirée en sortant des mots comme « synecdoque » ou « paronomase », je ne viendrai pas dîner chez vous. Si vous pensez que cela sert à faire joli, ce n’est pas faux mais c’est quelque peu réducteur. Si vous pensez que cela a été inventé par les profs de français pour faire « iech » les élèves, c’est que vous avez treize ans et que vous vous êtes trompés de blog.
Plutôt que de vous assommer avec des définitions aussi longues qu’ennuyeuses (et par pitié, arrêtez d’utiliser « ennuyantes »), le plus simple est de vous donner quelques exemples :
Commençons par l’oxymore qui associe directement deux termes opposés : « un bon Duras ». Les deux termes étant systématiquement antinomiques, on a là un bel exemple d’oxymore.
Ce groupe nominal montre une autre figure de style : une métonymie qui substitue l’auteur au livre, on se doute bien qu’on n’a pas fait cuire l’écrivain pour voir quel goût il avait !
Il y a une que j’aime bien, c’est l’antiphrase qui consiste à dire le contraire de ce qu’on pense (dans un discours politique, ce ne sont pas des antiphrases, ce sont des mensonges, faut pas voir des figures de style partout, mais je digresse.) Bref, pour être comprise, l’antiphrase doit être remise dans son contexte et à l’oral, l’intonation compte pour beaucoup. Par exemple : « David Guetta, ce génie de la musique ! » apparaîtra pour toute personne normalement corticalisée comme une antiphrase, et pour quelques irrécupérables décérébrés comme une vérité historique ; on a les idoles que l’on mérite.

Bref, il y a des dizaines et des dizaines de figures de style, dont certaines ont des noms de maladie de peau comme « l’épanadiplose », je ne vais pas donc toutes vous les faire. Pour moi, les figures de style sont l’expression des sentiments, ceux que l’auteur veut faire passer au lecteur. Si vous avez ressenti mon amour pour la musique de Guetta, alors vous avez tout compris…

Les mouvements littéraires, c’est simple comme « anacoluthe »

Le bac français est grosso modo dans un mois et vous n’avez toujours rien compris aux mouvements littéraires. Comme je me sens d’excellente humeur, je m’en vais de ce pas vous expliquer tout cela :

Bon, c’est là qu’on se sort les doigts de l’ampoule rectale et qu’on en met un bon coup, une fois que l’on a compris ça on a presque tout compris.

Que faut-il comprendre ? En littérature comme en politique, il y a un mouvement d’alternance où chaque mouvement conchie ce qui a été fait avant. Alternance entre idolâtrie de la littérature antique et tentative d’émancipation moderne. Donc, au bout d’un moment, on revient à ce qui se faisait, non pas au mouvement précédent mais celui qui le précède (le précédent, faites un effort et essayez de suivre. Bordel !)

Par exemple, au XVIe siècle, les poètes de la Pléiade se la pètent grave et se (nous) font suer avec l’imitation de vieilleries de l’Antiquité. En réaction, le mouvement suivant s’éclate nettement plus la rate, c’est le Baroque.

À la suite du Baroque, les Précieux et les Classiques reviennent au paradis du « je me fais suer » avec des tragédies qui portent bien leur nom.

Forcément, les suivants (les Libertins) sont moins strictes, et certains s’éclatent jusqu’à l’excès (il a quelque peu exagéré, le petit père Sade, mais sans lui, Freud n’aurait pas été ce qu’il a été, mais je m’égare). Les Philosophes des Lumières sont dans la continuité des Libertins, les histoires de biroutes en moins.

Du coup, les suivants, les Romantiques, en ont ras l’écritoire de toute cette Raison prônée par les Lumières et nous beurrent la tartine avec leur Moi exacerbé et leur : « ô comme je souffre, regardez comme je suis malheureux, seul ce lac sait consoler ma peine, etc. etc.…) » gna gna gna !

Re du coup, les suivants (les Parnassiens) en ont la nausée de toutes ces jérémiades et rejettent toutes ces histoires de Moi et ces épanchements lacrymaux des romantiques, et se la pètent comme les poètes de la Pléiades en revenant aux poussiéreuses antiquités.

Les Réalistes en ont, eux aussi, ras les phalanges des pleurnicheries des romantiques, mais comme ils sont plus fainéants que les Parnassiens qui prônent (oh, les fous) le travail, choisissent une autre voie, celle de la description de la réalité, fut-elle triviale.

Les Naturalistes qui manquent d’idées ne font que pomper les Réalistes mais en poussant le bouchon un peu plus loin.

RE du coup, RE les suivants, les Symbolistes font un mouvement rien que pour être en réaction au Naturalisme et au Parnasse, du coup on revient à quoi ? Je vous le demande ! Aux épanchements, aux états d’âme qui dégoulinent comme les Romantiques !!! Quand je vous dis que ce n’est qu’un recommencement !

Je vous passe le père Sartre et son existentialisme, Breton et son surréalisme, et l’autofictionnisme belgissien (oui, j’invente des mots, si je veux !)

Bon, là, je crois que vous avez compris, le Nouveau Roman dit que le roman classique est à vomir, du coup Duras est encore plus chiante que Balzac, Camus s’engueule avec Sartre, et Nabilla commet un livre mais je m’égare de triage…

Bonnes révisions à tous

J’avais rendez-vous avec elle

Un très vieux texte, exhumé de mes archives.

J’avais rendez-vous avec elle

J’avais rendez-vous avec elle.
J’aurais pu attendre qu’elle vienne, mais je préférai la rencontrer avant afin de faire plus ample connaissance.
Je la frôlai donc, lui échappant de justesse.
J’eus le temps de la contempler, nous eûmes le temps de nous entretenir.
Elle avait la beauté maladive d’une enfant pâle que l’on sait déjà entre ses mains.
Elle avait dans ma bouche l’étrange goût d’un passé oublié qui subrepticement revient à la surface.
Je vous irais si bien, me souffla-t-elle.
Je n’en doute pas un instant, lui répondis-je.
Votre heure sera la mienne, la ponctualité est la politesse des rois.

L’ Amour et la Folie

 » J’ai beau savoir que l’amour n’est qu’un mécanisme biochimique dont l’unique finalité est la survie de l’espèce, à la voir pleurer ainsi, je me dis que c’est fou ce que cela peut faire mal, la chimie ! « 

Extrait du Journal d’un proctologue, éditions Hélène Jacob, avril 2013. Tous droits réservés

 

L’ AMOUR ET LA FOLIE

L’ Amour et la Folie au royaume des Dieux

S’ébattaient joyeusement dans le calme des cieux

Mais par quel désaccord, quelle vaine dispute

En vinrent-ils aux mains et dans une sombre lutte

La Folie pleine de rage son Ami frappa

Et par ce geste insensé de la vue le priva

Les Dieux réunis condamnèrent la Perfide

Depuis l’ Amour est aveugle et la Folie est son guide.

Écrire pour devenir riche et célèbre. Et la marmotte…

Je vois fleurir, ça et là, sur les réseaux sociaux des articles, sites, blogs, qui surfant sur l’engouement pour l’autoédition, font croire qu’il suffit de mettre son texte sur Amazon, ou une autre plateforme, avec une jolie couverture pour qu’il se vende comme des petits pains.
Alors, oui, l’auteur britannique E. L. James a commis, pardon, publié ses 50 nuances de gras directement sur son blog avant d’être repéré par un éditeur traditionnel, qui sait bien que dans le cochon, tout est bon et qui a vu la cochonne qui sommeille en chaque lectrice quinquagénaire. De l’autre côté de la Manche, le livre d’Agnès Martin-Lugand, Les gens heureux lisent et boivent du café, a connu le parcours mérité qu’on lui connaît.
Je me réjouis très sincèrement du succès d’Agnès M-L, mais ce succès, aussi grand soit-il, est l’arbrisseau qui cache la forêt de la réalité économique de l’édition en général et de l’autoédition en particulier. Promettre à un « jeune » auteur qu’il va gagner beaucoup d’argent en mettant son ebook sur la toile me paraît, au mieux d’une grande naïveté, au pire de la malhonnêteté intellectuelle, voire de l’escroquerie pure et simple.
Ne nous méprenons pas, je trouve fantastique cet espace de liberté qu’est internet, où chaque auteur peut élargir son lectorat, échanger, voir le fruit de son travail se concrétiser et même tenir entre ses mains son ouvrage. Mais à mon sens, si vous souhaitez être riche, je ne saurai trop vous conseiller de trouver un autre moyen que l’écriture.

Pour finir sur une note plus légère, une petite blague :

« Quel est ton auteur préféré ?
— Mon patron
— Qu’écrit-il ?
— Des chèques ! »

Soyez les bienvenus !

Bienvenue sur mon blog qui a fait peau neuve après un long moment d’inactivité.

Vous trouverez ici des articles concernant la littérature en général et mes publications en particulier, des ebooks à télécharger gratuitement, des conseils et astuces, du partage,  un brin d’humour désabusé et d’ironie.

N’hésitez pas à commenter, à échanger.

Amitiés littéraires

Des logiciels en ligne :

Vous écrivez, faîtes un peu de retouche photo, vous avez vos logiciels préférés. Mais il arrive parfois que l’on doive travailler sur un autre ordinateur que le sien. Dans ce cas, vous pouvez utiliser gratuitement Office de Microsoft en ligne qui suffit pour dépanner, pour ouvrir un document avec une mise en page particulière que ne gérerait pas Libreoffice par exemple.

C’est ici

Vous pouvez trouver ici un logiciel de retouche photo en ligne gratuit qui ne déroutera pas les utilisateurs Photoshop (sans bien sûr l’égaler, mais ce n’est pas le même prix !) :

Je sais qu’il existe des tas d’autres applications en ligne (comme Google Drive), des logiciels de montage vidéo, etc, etc. Je vous indique ces deux-ci car il m’arrive d’avoir à les utiliser. Bien sûr, n’hésitez pas à partager vos expériences d’utilisateurs.

Le Journal d’un proctologue bientôt au cinéma

Un producteur américain a mis une option sur ce livre afin de préparer une adaptation cinématographique qui sortirait, si le projet va à son terme, dans les deux ans sous le nom : « The proctologist ».

Plus d’informations sur le site des éditions Hélène Jacob :

http://www.editionshelenejacob.com/le-journal-dun-proctologue-bientot-au-cinema/

Nouvel ebook offert :

Je mets à votre disposition au format pdf un ancien recueil de poèmes intitulé Le Prince et le Voyant.

Comme son titre l’indique, ce recueil évoque les vies de Paul Verlaine et d’Arthur Rimbaud, de Charleville à Marseille en passant par Londres et la Belgique.

Vous pouvez le lire en ligne et/ou le télécharger (gratuitement, bien sûr)

ICI

Bonne découverte à tous !

Sortie du Journal d’un Proctologue aux éditions Hélène Jacob ! ! !

GRANDE NOUVELLE, ça y est le Journal d’un proctologue est disponible aujourd’hui à la vente sur les plateformes de téléchargement. La version papier sera disponible d’ici 2-3 jours en exclusivité sur Amazon.
Si vous le commandez, si vous l’aimez, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur le site où vous l’avez téléchargé.

Venez lire ICI les 10 premières pages.

Dites-nous en commentaire ce que vous en pensez !

Merci Monsieur Delerm !

Quand j’étais jeune, la vingtaine insouciante et les cheveux au vent, mon maître absolu en littérature était Émile Zola.

Un maître bien encombrant, à vrai dire, paralysant. Comment après avoir refermé un de ses romans, avoir la prétention d’écrire. Toute tentative était indigne du maître, lequel me raillait par-dessus mon épaule à chaque nouvelle ligne

C’est à cette époque que Philippe Delerm a publié La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules.

Moi qui ne lisais que des classiques, j’ai découvert que l’on pouvait faire de la vraie littérature avec des mots simples mais choisis, des thèmes ordinaires mais magnifiés par la langue.

Ah, l’écossage des petits pois par Delerm ! Un texte d’un érotisme sous-jacent à peine dissimulé sous l’apparente simplicité d’une scène de la vie quotidienne :

Aider à écosser des petits pois.

C’est presque toujours à cette heure creuse de la matinée où le temps ne penche plus vers rien. Oubliés les bols et les miettes du petit déjeuner, loin encore les parfums mitonnés du déjeuner, la cuisine est si calme, presque abstraite. Sur la toile cirée, juste un carré de journal, un tas de petits pois dans leur gousse, un saladier.
On n’arrive jamais au début de l’opération. On traversait la cuisine pour aller au jardin, pour voir si le courrier était passé…
— Je peux t’aider?
Ça va de soi. On peut aider. On peut s’asseoir à la table familiale et d’emblée trouver pour l’écossage ce rythme nonchalant, pacifiant, qui semble suscité par un métronome intérieur. C’est facile, d’écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s’ouvre, docile, offerte. Quelques-unes, moins mûres, sont plus réticentes-une incision de l’ongle de l’index permet alors de déchirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d’un seul doigt. La dernière est si minuscule. Parfois, on a envie de la croquer. Ce n’est pas bon, un peu amer, mais frais comme la cuisine de onze heures, cuisine de l’eau froide, des légumes épluchés – tout près, contre l’évier, quelques carottes nues brillent sur un torchon, finissent de sécher.
Alors on parle à petits coups, et là aussi la musique des mots semble venir de l’intérieur, paisible, familière. De temps en temps, on relève la tête pour regarder l’autre, à la fin d’une phrase; mais l’autre doit garder la tête penchée – c’est dans le code. On parle de travail, de projets, de fatigue – pas de psychologie. L’écossage des petits pois n’est pas conçu pour expliquer, mais pour suivre le cours, à léger contretemps. Il y en aurait pour cinq minutes, mais c’est bien de prolonger, d’alentir le matin, gousse après gousse, manches retroussées. On passe les mains dans les boules écossées qui remplissent le saladier. C’est doux; toutes ces rondeurs contiguës font comme une eau verte tendre, et l’on s’étonne de ne pas avoir les mains mouillées. Un long silence de bien-être clair, et puis :
— Il y aura juste le pain à aller chercher.

Merci Monsieur Delerm !